Prise en charge personnalisée en continu de votre enfant

La diversification alimentaire

Nous avons demandé au Dr Buk-Serero quelques conseils au sujet de l‘alimentation de bébé.

La diversification alimentaire est une étape importante de la vie de bébé. Elle consiste en l’introduction progressive d’aliments variés.

Quand et comment diversifier?  Il est recommandé d’introduire progressivement toutes les classes d’aliments entre 4 et 6 mois, sous forme mixée, chez tous les enfants, y compris chez les enfants à risque allergique et les enfants allaités. En effet, ceci diminuerait le risque d’allergie.

Un biberon (ou une tétée) sera petit à petit remplacé par un repas comportant des aliments variés à introduire progressivement : légumes, puis une ou deux semaines plus tard des fruits au goûter; puis les protéines animales (viande, œuf, poisson) et laitages. On commence par deux ou trois cuillères à café pour arriver à un petit pot après deux ou trois semaines.

Le lait et les laitages doivent être donnés deux fois par jour, au total 500 ml jusqu’à 3 ans, en choisissant bien un lait adapté à l’âge.

Des céréales infantiles peuvent être données dans le biberon le matin, en associant de petites quantités progressivement croissantes de céréales avec gluten "2e âge" (les fabricants n’ont pas encore intégré qu’il faut introduire le gluten dès 4 mois) et des quantités progressivement décroissantes de céréales "1er âge" sans gluten.

Les enfants, comme les adultes, n’ont pas besoin de collation dans la matinée!

Quel lait pendant la diversification?  L’allaitement maternel doit être encouragé pendant la diversification. Sinon, on donnera un lait 1er âge jusqu’à 6 mois puis un lait 2e âge ou lait de suite. Le lait de vache non modifié et les laits d’autres mammifères que la vache ne conviennent pas aux nourrissons.

Remplacer des préparations infantiles par des jus végétaux (riz, soja, amande, châtaigne, noisette...) ou des laits non adaptés (jument, brebis, chèvre) est dangereux pour les jeunes enfants et n’a aucun intérêt pour la santé ou le développement. Des préparations à base de lait de chèvre (modifié et adapté aux besoins du nourrisson) devraient être commercialisées du fait d’une modification récente des règles européennes. Les préparations à base de soja (dont la composition a été adaptée aux besoins du nourrisson) sont plutôt à éviter avant 3 ans du fait de la présence de composés indésirables.

La période de 1 à 3 ans est  aussi cruciale. Les grandes erreurs à éviter à cet âge sont : trop de viande, pas assez de graisses, pas de fer, trop de sucre.

L’enfant de 1 à 3 ans met ses parents à l'épreuve : que se passe-t-il quand il refuse, quand il recrache, quand il ne veut que du dessert? C'est aussi l'âge de la néophobie alimentaire (refus par l’enfant des aliments qu’il ne connaît pas), qu'il faut connaître et gérer.

La diversification est bien avancée à 1 an : fruits, légumes, œuf, viande, poisson, gluten, fromages pasteurisés frais et secs, purée, petits morceaux. Il reste quelques aliments à introduire progressivement: pain, crudités et certains légumes, miel, riz, poissons gras…. Evitez les fritures.

Entre 1 et 2 ans, l’enfant découvre tout avec plaisir : sachez en profiter.

Les laits 2e âge peuvent être poursuivis jusqu’à 3 ans ou remplacés par un "lait de croissance" "ou une préparation pour enfants en bas âge" le tout devant réaliser après 1 an un apport d’environ 500 ml par jour. Attention, boire du lait n’est pas boire, c’est manger! Surtout pas de biberon au coucher : cela n’a aucune justification nutritionnelle et comporte des dangers (caries, reflux gastro-œsophagien).

Quels enjeux relationnels?  Il n’est pas judicieux d’essayer de forcer un enfant à manger en le distrayant. Agir ainsi, c’est récompenser son refus de manger. L’enfant n’a pas besoin de recevoir au gramme près les quantités conseillées; il faut être souple en respectant les grandes règles et en les modulant selon ses choix et sa culture. L’enfant a naturellement faim, s’il ne mange pas bien à un repas, il se rattrape au suivant. Si votre enfant est bien portant, sa santé n’est pas menacée quand il mange mal un ou deux repas, ou même douze repas (à condition que ces repas ne soient pas consécutifs!). Si une étape est difficile, on arrête et on réessaie gentiment.

Les repas doivent avoir des règles qui s’appliquent progressivement en fonction de l’âge : les légumes avant le dessert; on a le droit de ne pas avoir faim ; on ne remplace pas systématiquement (par des pâtes) un plat qui n’est pas accepté; on ne donne pas deux desserts quand l’enfant ne veut pas du plat; on ne le laisse pas grignoter entre les repas pour compenser un repas refusé...et lui permettre de refuser le suivant!

Si vous sentez que la situation vous dépasse et que chaque repas devient un drame, un psychologue peut peut-être vous aider à passer ce cap. Parlez-en à votre médecin.